Ça chauffe là-haut !
Faut reprendre dans l’ordre… et c'est un peu long.
Tout a commencé début février, quand on est parti au Laos, ou plutôt en République Démocratique Populaire du Lao. La démocratie, c’est pas ça, mais populaire, oui…
Bon, donc deux trois jours de mission pour le boulot, et le reste, vacances familiales. En tout, 10 jours.
Alors on a fait l’expérience du train de nuit, plutôt pas mal. Réveil aux aurores avec une lumière magique et des paysages superbes. Légèrement fatigué, peut-être. Le train s’arrête à quelques kilomètres de la frontière, marquée par le Mékong. Alors on prend un tuk tuk jusqu’au pont de l’amitié, récemment construit pour faciliter les échanges Lao-Thaïs, et jusqu’à récemment, seul pont sur tout le Mékong, de la Chine au Vietnam en passant par la Birmanie, le Laos et le Cambodge. Et comme à chaque fois qu’il s’agit de passer des frontières, on est emmerdé (pas nous plus que d’autres, hein, mais moi, ça me hérisse les poils toutes ces procédures, paperasseries et autres attentes) pour sortir de Thaïlande… Et le poste passé, faut attendre le bus qui fait la navette sur le pont. Et arrivé de l’autre côté, faut recommencer le schmilblick avec les laotiens : demande de visa, paiement du visa, paiement du bus, paiement de l’entrée au Laos…. Et puis faut attendre un tuk tuk qui nous emmènera jusqu’à Vientiane, à 17 kilomètres de là. Finalement, on aura mis 3 heures pour faire les 20 kilomètres entre la gare thaïlandaise et Vientiane… Un peu long.
Alors le Laos ? Ben, c’est un peu comme la Thaïlande, mais en pas pareil… les asiatiques ont une expression pour ça : same same but different. C’est à dire qu’ils sont tout autant bouddhistes, cultivent le riz, ont des tuk tuk, mangent du riz, sont assez souriants, et ont un beau pays. En même temps, il y a beaucoup de différence. La plus immédiatement visible concerne la taille du pays : à peine 6 millions au Laos, et quelques centaines de milliers à Vientiane, la capitale et plus grande ville du pays. Ça change des 10 millions d’habitants de Bangkok. Le pays est aussi un des plus pauvres de la région et de la planète. Il y a encore quelques années, seules quelques voitures circulaient dans la capitale, et le niveau des infrastructures et du pouvoir d’achat n’a rien à voir avec celui du voisin thaïlandais. Et puis les Laotiens sont, comment dire…. Assez relax, en fait. Ils ont une mentalité assez contemplative (cette analyse ressort à la fois de ce qu’on a lu, vu et entendu, même si d’autres interprétations sont valables) qui convient peu à un capitalisme débridé comme en Chine ou plus globalement en Asie Orientale… L’objectif n’est pas de s’enrichir, d’accumuler, de battre son concurrent ou de travailler comme un acharné pour atteindre des objectifs ambitieux, mais plutôt de satisfaire correctement quelques besoins essentiels : manger, boire de la bière, avoir un toit et un peu de terre, une télévision, et du temps devant soi.
Evidemment, tous rêvent certainement d'améliorer l'ordinaire, de pouvoir se soigner ou se déplacer plus facilement, éventuellement d'avoir plus de liberté tout court (mais ça, ils n'en parlent évidemment pas publiquement), et il y a des gens motivés qui souhaitent sortir de cette condition et accéder à d’autres biens ; et comme partout, on trouve aussi des arrivistes, des prétentieux, des ambitieux, des tricheurs, des nouveaux riches qui tiennent absolument à étaler leur richesse (en achetant, cash – le crédit n’existe pas-, des gros 4x4 qui viennent d’arriver sur le marché)… Mais globalement, ce ne sont pas des foudres de guerre :
Proverbe asiatique
Les vietnamiens font pousser le riz,
Les cambodgiens le regardent pousser,
Et les laotiens l’écoutent pousser ;
Les chinois le vendent.
Alors nous, on aime plutôt, cette atmosphère paisible, presque décontractée malgré les difficultés du quotidien. Les seuls moments où ça devient pénible, c’est quand tu attends justement un peu plus de réactivité (exemple type : Maë a faim, on va dans un restau, et son plat mets 40 mn à arriver sur la table, Maë s’énerve). Y’en a à qui ça plait pas du tout, notamment les entreprises implantées sur place (étrangères ou non d’ailleurs), parce que le travail, c’est pour eux un gros problème. Faut dire quand même que :
1- le système éducatif est très très médiocre, les enfants qui vont à l’école n’en retirent pas grand chose, et les étudiants sont mal formés parce qu’ils n’ont pas un certain nombre de base.
2- S’il est si déplorable, ce système éducatif, cela vient notamment du fait que les enseignants sont mal formés (puisque issus de ce même système), et qu’en plus ils sont très mal payés.
3- Plus globalement, les fonctionnaires (et évidemment les employés et ouvriers) sont très mal payés (18 US$ par mois pour un employé, 30 US $ pour un cadre dans la fonction publique. Et ceux qui disent : « s’ils sont payés comme ça, c’est que ça correspond à leur niveau de vie » ont tout faux. Ça suffit pas). Et comme ça suffit pas, la plupart des employés quittent le boulot vers 15-16H pour enchaîner : soit ils ont un bout de jardin qu’ils doivent cultiver, soit ils ont un autre job (traducteur, chauffeur, ..)
4- Comme l’administration ne fonctionne que très mal compte tenu de ces raisons, l’économie fonctionne elle aussi assez mal (avec en plus l’éternel problème de la coexistence entre un système politique verrouillé, centralisé et dictatorial, et un système économique qui se veut plus ouvert). Cela se traduit donc par une faible création d’emploi, peu de consommation, peu d’investissement, donc pas de recette, et pas de moyens pour financer une amélioration du système éducatif (d’autant plus que le FMI, dans sa grande bonté, accepte d’aider le gouvernement, en vérifiant bien qu’il ne dépense pas plus que ce qu’il gagne. C’est louable, hein, comme intention, mais comme il ne gagne pas grand chose, il peut pas faire grand chose).
5- Comme si ces difficultés ne suffisaient pas (vous connaissez le chat qui se mord la queue), s’ajoutent des contraintes pas évidentes à surmonter : le pays est grand, mais peu peuplé (6 millions, une densité de 23 habitants au km², la plus faible d’Asie), ce qui n’incite pas les laotiens ou les voisins à investir pour satisfaire les besoins de la population locale ; il est préférable de monter l’usine au Vietnam ou en Thaïlande, et exporter la production au Laos. Mais là-dessus se greffe le problème géographique : le Laos n’a pas d’accès à la mer, donc tous les approvisionnements doivent se faire par voie terrestre. Or une grosse partie du pays est très montagneuse, ce qui rend, en plus de la qualité souvent mauvaise des infrastructures, les transports difficiles (pas de chemin de fer, routes sinueuses…). A titre d’exemple, envoyer un container de marchandise de Bangkok à Vientiane (800 ou 1000 km) coûte environ 900 $. Envoyer un container de Vientiane à Luang Prabang, à 350 km au Nord, coûte environ 900 $ aussi. Et envoyer un container du Havre à Bangkok coûte… 1200 $ !!!! Bref, les marchandises arrivent chères. Et comme le Laos ne produit pratiquement aucun des intrants (par exemple les fils et le tissu, les machines, …) ou des biens nécessaires à l’industrie locale (palettes de transport, plastique, cartons…), tout doit être acheminé par route, et c’est cher. Quant aux infrastructures de base (école, hôpitaux ou dispensaires,…), il est difficile financièrement et humainement d’en doter tous les villages ; mais les temps de transport sont tels, que les enfants des villages ne pourraient tout simplement pas se rendre à l’école d’un autre village pourtant voisin.
6- Rajouter à ces difficultés les problèmes environnementaux ou sociaux liés à la construction de barrages, à la lutte contre des ethnies minoritaires opposées depuis 30 au parti, obligées de vivre cachées et dans le dénuement total dans les forêts du Nord, ou aux déplacements de populations montagnardes vers les plaines dans le cadre de la lutte contre la culture de l’opium. Et enfin, un Parti unique et sévère qui a très bien verrouillé le pays.
Vous l’aurez compris, on a beau dire que ça va un tout petit peu mieux qu’il y a 10 ans, les perspectives ne sont pas franchement extraordinaires d’un point de vue économique. Ni même politique… Et la pauvreté a encore de beaux jours devant elle…
Et c’est justement là que réside le problème. Comment se sentir bien, même lorsqu’on parle quelques mots de Lao (ça ressemble au thaï), qu’on connaît un peu l’histoire du pays plus qu’en se contentant du résumé du Lonely Planet, qu’on essaye de voyager intelligemment, etc… quand l’écart de richesse est tel ? Comment concilier à la fois l’envie de rencontrer les laotiens, souvent adorables mais parfois passablement énervés par les farangs, de les voir vivre selon leur mode de vie, tout en constatant à quel point ils peuvent nous considérer (à juste titre selon le point de vue) comme de vulgaires portefeuilles sur patte, et en comprenant parfaitement qu’il en soit ainsi ? (rappel : quelle est la réaction des bons français quand les japonais débarquent à Paris, que les Allemands viennent se dorer la pilule sur la Côte d’Usure, que les hollandais créent des bouchons avec leurs camping cars, ou que les anglais rachètent des villages en Charente ??? Le chauvinisme est plus largement répandu qu’on ne le croit).
Alors voilà, des fois on est bien, à l’aise, parce qu’on a été accueilli simplement par une famille de cultivateurs faisant une pause bien arrosée de LaoBeer dans leur cabane au milieu des rizières. Et puis d’autres fois, on s’interroge sur l’aigreur, l’indifférence ou parfois, l’agacement des laotiens. Tout cela n’a rien d’extraordinaire, mais ce qui m’a frappé, cette fois plus que d’autre, c’est à quel point le touriste exige, inconsciemment ou non, que les habitants du pays dans lequel il se rend soient souriants, gentils, attentionnés, dévoués, comme si cette attitude était un dû dont les touristes devraient automatiquement bénéficier. Certes, la plupart des touristes sont asiatiques (les japonais, bien sûr, mais également des coréens et des taiwanais, et de plus en plus de chinois, évidemment ; les thaïs pratiquent également un tourisme frontalier au Laos et au Cambodge au moins. Ce sont d’ailleurs les thaïs qui représentent le plus gros contingent de visiteurs étrangers au Laos), mais ceux qu’on repère le plus, et physiquement et dans les attitudes, sont européens ou américains. Et tout ça ressemble bougrement à une forme de néocolonialisme touristique et économique. Evidemment, cela ne signifie pas que tous les blancs se comportent ainsi, heureusement. Ni que nous ne cédons jamais à l’énervement, ou que nous ne recherchions pas un confort et un accueil susceptible de nous donner un aperçu positif du pays. Ni enfin, que les autres touristes, notamment asiatiques (y’a encore assez peu de péruviens ou d’angolais), qui débarquent en masse dans les pays d’Asie du Sud-Est, n’aient pas des attitudes franchement déplaisantes.
Bref . On fera un article spécial avec plein de photos bientôt. Enfin, plein de photos, c’est pas gagné, parce que justement au Laos, on a perdu l’appareil. Pfuitttt, dispahu, comme dirait Maë, on s’explique pas bien comment. Donc plus de numérique. L’avantage, c’est que du coup, on utilise beaucoup plus l’argentique. Et y’a pas photo (ah ah !), c’est pas la même démarche, ni le même résultat. Côté négatif (re-ah ah), il était pas bien vieux, bien pratique pour des photos « tests » et très utile pour le blog. Mais bon…
A peine se remettions-nous de cette malchance, qu’un incident beaucoup plus grave est venu perturber la belle quiétude de notre équipée sauvage. Le début de l’étape à Luang Prabang a été marqué par une terrible chute du maillot jaune Maë, qui franchissait pourtant sans effort (et pour cause, elle était sur le porte bagage) le col du palais royal, tout juste devancé par David, qui pédalait difficilement, et talonnée par Sophie, assise derrière sur le même porte bagage. On avait loué le vélo depuis 10 mn, et pédalé 500 mètres, lorsque Maë , vraisemblablement gênée par le manque de place, a eu l’idée pour le moins incongrue de fourrer son pied dans les rayons de la roue arrière. Essayez de visualiser la scène : un petit pied qui se coince dans les rayons d’une roue qui tourne … Horrible. Arrêt immédiat, décoinçage du pied (un peu dur), et course à l’hôpital avec Maë en pleur, la cheville gonflant à vue de nez, et la chair raclée jusqu’à l’os sur un bon centimètre. Et les parents inquiets (c’est cassé ou pas ?) et surtout énervés (mais pourquoi a-t-on loué ce putain de vélo ?). L’hôpital était pas loin, mais on nous a dit de prendre un tuktuk jusqu’au nouvel hôpital, en dehors de la ville. Et après 10 mn de tuktuk sur des routes défoncées (vaut mieux que ce soit pas trop grave, on a le temps de faire dix hémorragies en route…), on a donc eu l’occasion de visiter l’hôpital de Luang Prabang, ce dont peu de touristes peuvent se vanter. Correct, l’hôpital…, mais encore une fois, vaut mieux pas que la blessure soit trop grave. En tous cas, rien de cassé, une vilaine plaie, un bandage, et ça allait mieux. On pensait qu’elle ne remarcherait pas avant 3 ou 4 jours, mais en fait le lendemain, elle cavalait comme un éléphant. Bon, mais elle demandait quand même rapidement les bras, et ça a quand même un peu restreint notre programme (que vous connaîtrez très bientôt).
On est quand même revenus vivants, et content d’avoir eu un aperçu de ce pays très attachant.
Passons les quelques jours suivant notre retour à Bangkok. Rien d’extraordinaire, rien que l’ordinaire, avec toutefois un changement marqué du climat : plus chaud, plus lourd, moins agréable à vivre, à vrai dire. Et même deux ou trois pluies, ce qui n’était pas arrivé depuis trois mois.
Et soudain… Les parents HOYRUP débarquent à Bangkok. Bon, d’accord, c’était prévu. Tout comme l’invitation de Jacques Chirac, également de passage à Bangkok ce même jour. Et donc on a fait gardé Maë par la mère de François (un collègue de David), qui venait elle aussi de d’atterrir à Bangkok (comme quoi Bangkok attire beaucoup de monde). Et pendant qu’on se gavait de petits fours, qu’on épongeait des litrons de champagne, et qu’on se nourrissait du discours somptueux de notre chef d’Etat préféré et néanmoins escroc multirécidiviste, c’est une autre collègue de David qui est allé chercher Eric & Marie-Claude, les a ramené à la maison, où les attendaient Maë et la mère de François. On est revenu un peu plus tard que prévu, tant le champagne coulait à flot, et les petits fours aussi. Faut dire qu’ils se foutent pas de notre gueule, quand même, quand Chirac se pointe : hôtel de luxe, service impeccable, discours officiel (très convenu quand même, sur la grandeur des relations franco thaïes, sur le courage des expatriés, sur le dynamisme des grandes entreprises françaises et de l’économie thaïlandaise. Etonnamment, rien sur le Clemenceau…), puis bain de foule. Il est passé devant nous. A 20 cm. J’ai presque failli Le toucher… Je L’ai entendu dire bonjour aux fans qui me pressaient de toutes parts…. J’étais sur un petit nuage, moi qui avait fièrement voté pour lui en 2002 (promis, je recommencerais plus jamais)… Et c’est quand Bernadette, qui Le talonnait docilement avec son sac à main, m’a effleuré la manche de la vaste que le mythe s’est brisé. Je la connais pas personnellement, hein, Bernadette, mais à première vue, comme ça, elle me paraît franchement antipathique.
Bref, on a regardé Chirac procéder à son activité favorite (serrage de louche), ainsi que ses ministres (Douste, Breton, Mam, Bertrand et un ou deux autres), et vite, on s’en est mis plein la panse. Un grand moment…
Passons également sur les trois premiers jours du séjour d’Eric & Marie-Claude, qui prenaient leurs marques et découvraient la ville, sans trop souffrir de la chaleur mais en appréciant la piscine ! On leur a montré quelques temples incontournables, on a fait un petit tour en bateau sur les canaux, on leur a fait découvrir la gastronomie locale, on a bu un cocktail au 61ème étage de la grande tour de Bangkok, on a observé Maë se délecter de la présence de ses grands parents tout à sa disposition…
Et soudain, c’est le drame : Maë vomit. Une fois dans l’après-midi de mardi. Puis rebelote trois fois le soir au restau. Mais pas de fièvre, pas de diarrhée, que se passe-t-il ? Le lendemain matin, alors que Sophie et Eric faisaient les courses, et que Marie-Claude faisait justement une compote pour alimenter cette petite sans grand appétit, Maë a trouvé le moyen de plonger sa main dans la compote presque bouillante. Crise, hurlement, brûlure, boursouflure, glaçon, panique et cloque ultra énorme. Le temps que Soph revienne, Maë pleurait depuis une bonne heure la main sous l’eau froide et trois doigts rougeaux et enflés. Bon. L’accident bête quoi, mais a priori, elle apprendra que c’est pas bon de mettre sa main dans une casserole sur le feu. On s’inquiète pas. Biafine et pansement, on verra demain. Le lendemain donc (jeudi, si vous avez bien suivi), c’était pas joli joli, et dans le doute, on va à l’hôpital. M. le docteur nous dit que c’est rien, dans 15 jours, ce sera terminé (il devait être pressé de rejoindre son club de golf, celui-là) ! Chouette. Sauf que le lendemain à nouveau, mademoiselle se réveille avec 38.5 de fièvre. Que le docteur (un autre), nous dit qu’on ne sait pas d’où vient la fièvre, se demande si la blessure ‘superficielle’ qu’avait indiqué le premier docteur ne se serait pas infecté, et finalement, après avoir enlevé ce pansement, constate qu’elle n’a rien de superficielle, la satanée blessure. Antibio et tout le tintouin. Surveiller la fièvre. Pas plus de 38.5. Mais ni les antibio, ni le paracétamol ne font baisser la fièvre. Après avoir atteint le cap des 39.1 l’après-midi, et être redescendu à 38.8. le soir, on se dit qu’il va falloir surveiller ça la nuit, et peut-être retourner à l’hosto… C’était déjà pas rassurant. On sait pas d’où ça vient. La blessure ? Et les problèmes gastriques trois jours avant ? Et si c’est bactérien, que font les antibio ? Et si c’est viral ? Et si et si et si….
Le lendemain, à 5H00 du mat, Maë se réveille en sueur. 39.1 au réveil, c’est pas bon du tout. Paracétamol. David continue à ronfler, le bougre, et Sophie s’interroge. Mais si c’est pas bactérien, c’est viral. Et qu’est ce que c’est que cette maladie qui déclenche de la fièvre, et des nausées ??? Et si c’était le palud ? Dix jours avant, on revenait du Laos, pays à risque (enfin, dans la cambrousse, mais sait-on jamais, un moustique égaré), et la période d’incubation est de dix jours. Et le cycle infernal du parent-qui-panique se met en branle : tout coïncide à ça doit donc être ça à quels sont les conséquences à forte fièvre pouvant déboucher sur des problèmes cérébraux, pouvant se transformer en coma et pouvant entraîner la mort chez l’enfant à merde.
Elle me réveille. On file à l’hôpital. La fièvre a un peu baissé. Le médecin nous rassure en disant que le palu provoque des frissons que Maë n’a pas eu. On fait quand même la prise de sang. Et on attend….légèrement blêmes…. Et les résultats tombent : c’est pas ça !!! Youpi, champagne !!! Sûrement une petite infection de la brûlure sur les doigts. Et d’ailleurs entre temps la fièvre est tombée. Le soir, on n’en parlait plus, et on a pu arroser cette bonne nouvelle sereinement. Mais ce qui restera de ce moment, c’est que quand c’est ton propre enfant qui est en proie à une menace grave, tu prends ça très mal… et que quand la menace s’avère infondée, t’as envie de tout sauf de le gronder, ton gamin !
Depuis, la main de Maë est guérie, une jolie peau toute rose a remplacé la boursouflure. La fièvre est oubliée, l’appétit retrouvé, et tout s’est bien passé au bord de la mer le week-end suivant. Les parents ont pu profiter de la petite et vice versa, et depuis une semaine, plus d’hôpital, plus de catastrophe, plus d’angoisse. On est donc prêt à vous raconter le voyage au Laos…. A très bientôt !


















































































